Gomerfontaine - Point 6

- Arrivé au sommet de la côte, le chemin devient plat, horizontal, autour de la cote 140m ; il circule dans le bois de Garenne, implanté sur le plateau de Chambors (du nom du village présent plus au Sud) ;
- Après quelques centaines de mètres, de part et d’autre du chemin sont présentes des excavations (1) réinvesties par la végétation.


Lien vers la carte de Gomerfontaine-Compostelle

II s’agit d’anciennes carrière dont l'exploitation a été très discontinue, Elle a débuté au moins à la Renaissance (une lettre de Catherine de Médicis atteste de leur existence), et sans doute bien avant, et s’est arrêtée vers la fin du XIXème siècle ;
- On y extrayait des bancs peu épais (20 à 50cm) faits d’un calcaire très dur, souvent riches en fossiles qui étaient utilisés pour faire des moellons pour les constructions, des pierres de seuil ou encore des marches d’escalier ; ces pierres, très fréquentes dans les bâtisses du secteur, se reconnaissent par la présence de cérithes    (petits « escargots » marins, de quelques centimètres, en forme de cône allongé)
- Ces carrières, non accessibles car en domaine privé (chasse), abrite un biotope végétal, un larris ou pelouse sèche calcaire, à flore très particulière

"On arrive sur le plateau où se trouve de vastes carrières abandonnées; elles sont à ciel ouvert et occupe environ un hectare d'étendue. On a percé au commencement du siècle dernier trois carrières sur ce plateau qui règne entre Gomerfontaine et Chambors près de la garenne de Trye; deux seulement étaient encore en exploitation en 1859 et donnaient la pierre dite de Trye  fort employée à confectionner les bans, marches, dalles et autres ouvrages analogues.
Le calcaire s'y présente en bancs continus et puissants; y sont intercalés des lits de sables calcaire blanc, remplis de fossiles durs, solides, blancs, quelquefois marbrés de pourpre ou de rouge violacé; ils se distinguent par leur ensemble des coquilles de l'étage moyen.
Au cours des terrassements, le nombre de fossiles que l'on mettait journellement à jour devait être considérable à en juger par les milliers de Cérithes, de Natices, de Cyclostomes que l'on rencont [rait] dans les déblais. " Ampullina parisiensis (2-1),  Batillaria echinoides (2-2), Bayania hordacea  (2-3), Cerithium serratum  (2-4), Potamides lapidum  (2-5) , Voluta musicalis (2-6)

Le Lutétien supérieur marque le retrait de la mer qui a occupé le Bassin de Paris. Cette période débute par le dépôt du "Banc vert" que l'on rencontrait chez nous entre Chaumont-en-Vexin et le Vivray ainsi qu'à Gomerfontaine où il fût étudié dès 1859 par Antoine Passy. On y voit un calcaire argileux en plaquettes et des marnes vertes avec, en un endroit, des indices évoquant l'installation de formations lacustres. Là encore Chaumont était au bord de la mer. Peut-être croissaient même des roseaux comme ceux exposés au Musée de Chaumont-en-Vexin.
Le départ de la mer a été interrompu brièvement, à l'échelle géologique, par une invasion marine qui se propageait depuis le Sud-ouest. Elle porte le qualificatif de biaritzienne. Là encore, les géologues suspectent l'existence de dépôts correspondant à cet épisode "exotique" sur le plateau de Chambors car des fossiles typiques existent dans la collection d'un particulier alors qu'aucun affleurement n'a été repéré.
Ensuite, il ne reste plus que les marques de lagons marins puis, la dessalure se poursuivant, les lagons deviennent des lacs; la mer lutétienne a vécu.