Gomerfontaine - Point 5

Quelques dizaines de mètres plus haut, sur la gauche, un bel arrachement (1), présente des calcaires sableux très fossilifères(2) du Lutétien inférieur. Ce site, connu de longue date, a été visité par de nombreux groupes de visiteurs, géologues, amateurs ou professionnels, étudiants,… dont Raymond PILLON (3).


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Au lutétien inférieur), l'arrivée marine se manifeste par une formation résultant de la détérioration des roches préexistantes (roches détritiques) qui, roulées et usées, forment de petits galets riches en un minéral verdâtre appelé glauconie. A Chaumont-en-Vexin, le lutétien débute par une couche de grès grossier constituant le lien avec les sables cuisiens. Il semblerait que ces dépôts consistent en des remplissages d'anciens chenaux sous-marins encaissés dans ces sables cuisiens. Cette hypothèse s'étaye par un contact qui ne présente pas une ligne uniforme mais au contraire sinueuse se confondant à intervalles irréguliers avec des poches remplies de fossiles. On remarque dans cette couche des alternances de bandes de 5 cm d'épaisseur, d'un sable jaune d'aspect cuisien.
La partie moyenne du lutétien) se présente sous la forme d'un calcaire sableux blanc à grains fins abritant Orbitlites complanatus  ;ce foraminifère marquant la totalité de la période médiane lutétienne. C'est aussi dans cette couche que vivait l' Oursin Echinolampas calvimontensis dont le nom honore la cité de Chaumont-en-Vexin . L’épisode sableux se clôt par un lit caractérisé par la présence  d'espèces témoignant d'un milieu moins salé préfigurant l'installation de lagons.
Le lutétien moyen est partout connu pour la "Couche à Verrains" qui, épaisse d'une cinquantaine de centimètres, est souvent un calcaire dur dans lequel des empreintes sont les seules restes des fossiles. A Chaumont-en-Vexin, ce niveau est tendre, voire sableux, ce qui permet d'y recueillir la faune dans un état de très bonne conservation; cause qui a rendu notre région si célèbre auprès des paléontologues.
Là, on y rencontre, en particulier, Campanile giganteum (le fameux Cérithe géant qui parfois dépasse les 60 cm !). Il représente l'espèce phare d'un groupe qui a marqué le Tertiaire. Ce niveau semble correspondre à un cordon littoral qui sera englouti sous les flots, ces derniers déposant un calcaire massif marquant l'avancée maximale de la mer du lutétien moyen riche de ses nombreux foraminifères. Enfin, la présence d'un herbier, zone littorale peu profonde, aux eaux calmes, fréquentées par de nombreux animaux brouteurs, est attestée par la composition de la faune et de la flore dont les Algues vertes qui ne prospèrent qu'en eaux marines chaudes.