Gomerfontaine - Point 1

La Troësne, jadis appelée l’Intine, prend sa source au Petit Alleré, près de Neuville-Bosc, à environ 100m d’altitude et à une vingtaine de kilomètres à l’Est de Gomerfontaine ;
- Elle coule vers l’Ouest en direction de Gisors où elle se jette dans l’Epte ;
- De nombreux moulins (28), équipèrent son réseau dont celui de Gomerfontaine ;
- A l’origine sa vallée était large, très marécageuse, localement tourbeuse ; la malaria y sévit longtemps ; le canal de Marquemont creusé entre Marquemont et Chaumont-en-Vexin et réalisé en 1784, draina et assainit les marais, donnant à la vallée son aspect pastoral actuel.

Lien vers la carte de Gomerfontaine-Compostelle

La Troësne, frontière nord du Vexin
Présentation générale
Th. MAILLE

Le Vexin, au sens géologique, est limité par la Seine, au Sud ; l’Oise, à l’Est ; l’Epte à l’Ouest et par deux rivières au Nord :
l’Esche qui se jette dans l’Oise et la Troësne qui est l’affluent principal de l’Epte.

La Troësne, qui jadis s’appelait l’Intine, prend sa source au Petit Alleré près de Neuville-Bosc. Mesnil,  à 100m d’altitude. Au sortir du vallon orienté Sud-Nord, elle prend son cours vers l'Ouest.  Celui-ci  peut être divisé en quatre parties.
1. L’amont, de ses sources au ru de Pouilly où la pente atteint 10%
2. La zone centre-amont du ru de Pouilly à l’entrée de Chaumont-en-Vexin. La pente  y est inférieure à 3% . Cette partie a été exploitée très tôt.. Elle a connu des aménagements hydrauliques, l’alimentation de moulins ou de micro-centrales qui ne sont plus utilisés aujourd’hui. La Tröesne et ses affluents ont eu jusqu’à 28 moulins dont 11 sur leurs cours.
 Des canaux, des drains, des écluses ont permis d’assécher des marais mais aussi des tourbières, de créer des cressonnières, d’irriguer des pâtures  tandis que  la vallée est traversée de rideaux de peupliers L’un des principaux aménagement est le Canal de Marquemont qui a été réalisé en 1784. Un syndicat a été constitué en 1906 puis recrée en 1941 pour la gestion et l’entretien des nombreux cours d’eau : l’Association regroupe aujourd’hui 500 ha entre Chaumont et Fleury et 90 ha en aval de Chaumont. Sur ces près de 600 ha, 350 sont drainés.
3. La zone de Chaumont-en-Vexin dont la cité a été édifiée, après les attaques anglaises, sur le marais. C’est ainsi que  les diverticules de l’Intine passent sous les maisons et les rues de la ville. La Place de la Foulerie était toujours marécageuse en 1830, date à laquelle ont commencé les remblayages à partir de matériaux de démolition. Le superbe platane qui y croit en assure la stabilité mécanique et hydrique.
A Chaumont, le cours de la rivière est arquée au  niveau de la butte qui a inspiré le nom de la commune..
4. L’aval, zone bien plate comprise entre les courbes de niveaux de soixante mètres où la Troësne s’étire en méandres nonchalants jusqu’à sa confluence avec l’Epte, à Gisors, à une altitude de 50m, après environ 25 km de cours. Son débit de référence est de 0,75m3/s
Ses affluents sont des rus qui circulent dans des talwegs creusés dans les limons jusqu’au toit de la craie campanienne : Ru de Pouilly, ru du Mesnil, ru du Moulinet, et l’Aunette. Ils sont issus du Pays de Thelle ainsi que quelques vallées sèches (ou anciens cours d’eau intermittents) de sinistre mémoire pour les habitants dont les maisons ont été inondées de boues lors de deux orages en 1997.  Le Bras d’Or, alimenté par la nappe de la craie, est le seul affluant de sa rive gauche. Il suit le cours de la Troësne et délimite avec celle-ci une zone humide bien marquée.

Géologiquement, la vallée de la Troësne accuse une dissymétrie liée au relèvement du  Pays de Bray et aux dépôts transgressifs de l’éocène. Le soulèvement principal se situant à la limite Crétacé-Tertiaire, les pentes moyennes des terrains secondaires sont de l’ordre de 2,9% tandis que les pendages tertiaires sont de l’ordre de 1,5%.  L’hydrogéologie est marquée par la nappe de la craie, nappe d’interstices et de fissures qui peuvent permettre des débits importants (163m3/h/m à Chaumont sous couverture Tertiaire et 113m3/h/m à Trie-Château en vallée humide). Elle est exploitée dans la vallée avec de bons captages. L’eau y est légèrement alcaline(pH de 7,2) mais de dureté assez élevée (21 à 39°dH). Les nappes éocènes sont liées à la perméabilité d’interstices des sables cuisiens et lutétiens et à la perméabilité de fissures du calcaire. Le mur de la nappe est constitué par les argiles sparnaciennes ; les sources de bas de cuesta étant des sources de déversement.
Par ses aspects variés, la Troësne présentent de nombreux biotopes sur un cours relativement peu étendu tandis que l'utilisation mal contrôlée de ses eaux par l'agriculture conduit à des déséquilibres hydrauliques pouvant avoir des conséquences fâcheuses sur certaines maisons chaumontoises dont les fondations calcaires sont imbibées d'eau.  De plus, des pollutions à l'hadrazine étaient souvent notées dans les analyses des eaux captées. On voit que la Tröesne mériterait une étude écologique exhaustive qui lui permettrait de couler des eaux tranquilles et de continuer à nous apporter son charme paisible.