Gomerfontaine - Point 2

Sous ce pont, en 1868, un des premiers trains de voyageurs dits "de plaisir" reliant Paris à la mer lors de la vogue des stations balnéaires au Second Empire passa en sifflant et crachant sa fumée.

- Quittons Gomerfontaine pour gravir la Cuesta d’Île-de-France ; un chemin assez pentu amène à un pont de chemin de fer ;
- Le pont surplombe la tranchée encaissée (1) du Bois de la Garenne et enjambe  l'actuelle ligne SNCF Paris-Gisors ;
- Cette voie ferrée fut l’une des premières grandes lignes françaises, inaugurée le 4 octobre 1868 après bien des vicissitudes.  Elle résultait de projets ferroviaires initiés dès la Restauration, dans une optique de développement industriel et commercial (accès aux grands ports de la Manche, Le Havre, Rouen, Dieppe et aux Îles britanniques) .

- Elle fut empruntée dès son origine par des trains de voyageurs dits "de plaisir" (2) reliant Paris à la mer, lors de la vogue des stations balnéaires au Second Empire ; à l’arrivée, les usagers trouvaient bains de mer,(3) mais aussi régates, courses automobiles, et autres loisirs . Le 23 décembre 1873, la ligne de Dieppe est enfin achevée et les parisiens mettront 5h30 pour rejoindre les plaisirs
Les premières locomotives qui ont enfumé cette ligne, étaient des "Buddicom"(4) dont un exemplaire est mis en valeur  au Musée des Chemins de Fer de Mulhouse.( 5) .Ces machines pouvaient atteindre 75 km/h et furent, à la fin de leur carrière, affectées au train de marée entre Dieppe et Paris. La dernière loco à vapeur sera une Pacific 232 dite "Princesse"...(6)
En 1982, la ligne est électrisée jusqu'à Gisors et dispose, pour la première fois en France du BAPR: " Block Automatique à Permissivité Restreinte", un système qui permet aux convois de garder un espace de sécurité entre eux.

- Dans un contexte géologique difficile, implantée sur des sables surmontant des argiles, la construction de la voie nécessita des travaux considérables qui provoquèrent notamment des glissements des talus sableux près de Chaumont-en-Vexin. 300 troncs d'arbres de 13m de long sont ainsi enfoncés dans le sol pour assurer la stabilité de la voie tandis que les ponts sont édifiés sur pilotis. Nombreuses furent les embûches auxquelles furent confrontés les ouvriers qui payèrent de leur vie ces travaux (en revanche, la légende de la "locomotive enterrée" dans la gare de Chaumont semble bien être une… légende !)